C’est l’histoire d’une boutique e-commerce

Je n’écris pas beaucoup d’articles aujourd’hui, car quand j’estime ne pas avoir quelque chose d’originale à écrire cela n’en vaut pas la peine. Et pour les info SEO il y a des sites plus intéressants que le mien et je ne pense pas ajouter de la valeur (tout est dit aujourd’hui sur le SEO y a qu’à googler). Mais par contre tout n’est pas dit hors SEO, et le peu de retour sur le monde du e-commerce hors aspect SEO m’incite à écrire ce billet qui intéressera avant tout les e-commerçant mais aussi tous les gens qui entreprennent.

Retour d’expérience hors SEO ( la vraie vie quoi)

Aujourd’hui je vais vous conter notre expérience de l’année passée, et cela peut concerner aussi bien les autoentrepreneurs dont l’activité va en croissant et qui sont tentés de passer en SARL par exemple, que les e-commerçants qui désirent élargir leurs horizons, c’est-à-dire grandir. Mon conseil réfléchissez bien avant de sauter le pas. Lisez ce qui suit cela vaut toutes les formations de marketeux qui coûtent un bras.

Le contexte

Vente en ligne via la plateforme Prestashop d’articles de loisirs créatif, en B to B et B to C,  3 ans d’activité en auto entrepreneur depuis 2009.

Comme l’activité croissait pas mal en 2012, on a pensé qu’il était temps de passer à une autre échelle, hors des murs de sa propre maison, grandir en bref. Il y a d’abord le chiffre d’affaire, qui frisait la limite imposée par la micro entreprise dans la vente commerciale, ceci à lui seul justifie de passer en SARL. Ensuite il y a la volonté d’avoir plus d’espace pour stocker plus de choses et avoir plus de choses à vendre et donc accroitre son CA.

Donc vous voyez je ne suis pas un cador on reste petit après 4 ans. Mais on veut quand même sortir de notre petit étang et se frotter aux un peu plus grands. Première étape :  chercher un local hors de sa maison pour être plus grand pour :

successSource : markpescetti.com

Le local

Octobre 2012 : On avait un garage de 15m2, et on avait des marchandises stockées un peu partout dans la maison, cela m’embêtait un peu, c’était un peu galère de retrouver tous les articles, je pensais qu’avoir un local plus grand permettait de rationaliser le stockage, s’ensuit donc la location d’un local de 135 m2 ! (C’est dur de trouver des surfaces plus petites, on avait un 60m2 pour 600 €/mois HT et hors charge, soit 900 € TTC, mais j’ai trouvé que celui d’à côté pour 300 € de plus possédait plus de potentiel). Et bien je peux vous dire que c’est une erreur monumentale de penser que 300 € c’est pas beaucoup, en effet sur un an ça fait 3600 € ! et l’achat d’étagères assez pro (pas vraiment pro car les pro coûtent la peau des fesses) indispensable si on veut bien ranger, chose qu’on avait pas vraiment chez nous.

La location induit ces charges supplémentaires par rapport à notre chez nous :

  • loyer de 1200 euros charges comprises
  • nouvelle ligne téléphonique à 50 €/mois sur Orange
  • Système d’alarme à 50 €/mois
  • électricité supplémentaire 20€/mois
  • 1 poste PC supplémentaire 500 €
  • forfait kilométrique bien que le local soit pas très loin de notre habitation

Et aussi l’obligation de se lever pour aller au travail ! Ensuite il y a eu le passage en SARL qui induit des charges de comptable à environ 270 €/mois TTC, plus les frais changement status, 200-300 € je ne sais plus exactement, dans ces eaux là.

Donc mensuellement on a  1200 + 50 +50 +20 +270 = 1590 € de charge supplémentaire PARCE QU’ON A VOULU GRANDIR…

En bref cela veut dire ponctionner 1600 euros de nos bénéfices pour faire fonctionner les murs. Donc autant d’argent qui devait aller dans notre poche. Imaginez que vous sacrifiez tous les mois une semaine au ski, ou alors un resto 3 étoiles, un weekend à Venise en amoureux, ou sur un an un apport pour acheter un appartement en ville pour le louer et réaliser votre rêve ultime: devenir rentier !

La nouvelle vie

L’installation n’est jamais de tout repos, mais avec la perspective de grandir, on se sent très motivé, aussi bien que les conditions de travail ne furent pas top, zenitude d’un entrepôt par rapport à son doux chez soi, pas de climatisation, pas un problème l’été ou printemps mais une galère en hiver, on se les pèle.

Si les affaires ont pas mal marché au début de l’année 2013, force est de constater que la crise est passée par là, on constate une baisse du CA sur la période glissante, et la constatation de ne pas se verser de salaire depuis l’emménagement dans les locaux ( vous commencez à voir le problème?).

Bref au fil des mois une certaines lassitude s’installe chez mon épouse, qui me fait remarquer que le local était trop grand et qu’on aurait du prendre plus petit (l’idée vient de moi de prendre le grand au lieu du petit).

Premiers signaux d’inquiétude

inquietudeSource : cagou.com

Un beau jour d’automne, je constate qu’on est en négatif sur notre compte pro, on se dépêche de combler le déficit. Mais une inquiétude s’installe en fin chez moi (c’est le cas chez mon épouse depuis longtemps).

Le réveil : la gueule de bois

Au bout d’un an la situation était la suivante (on en en novembre 2013) : l’entrepôt n’est occupé qu’à 1/3 de sa surface, les affaires diminuent crise oblige, on bosse sans climatisation qui n’est présente que dans la partie bureau, printemps et été ça allait mais en hiver on se les gèle alors qu’on était bien au chaud chez nous avant. On s’oblige à venir aux heures d’ouverture (car on avait ouvert un point de vente physique), alors j’aurais quitté un métro boulot dodo pour un autre métro boulot dodo? on est loin du rêve d’être son propre patron chez soi et de bosser quand on veut !

Et puis un beau jour ma femme me réveille : ras le cul de la situation, on courre à notre perte si on continue comme ça, il faut quitter le local et revenir chez nous, car on grillait des centaines d’euros par mois inutilement!  Vers les derniers mois on vivait dans l’angoisse de la prochaine échéance du loyer qui risquait de nous faire tomber dans le rouge (c’est arrivé) donc aggios et tout le tralala.  De plus on bossait dans de mauvaises conditions sans chauffage !

Bref moi qui était un peu dans le déni tant qu’on arrivait à payer les charges, j’ai enfin réalisé les dégâts de ce qu’on a fait. On commençait à bosser pour payer les charges…comme tant d’autre entrepreneurs en France

Bref en une semaine, nous avons décidé de rompre le bail précaire de deux ans au bout d’un an et quelques mois. Pas simple car un bail c’est un engagement, mais dans le monde du business c’est le pragmatisme qui doit prévaloir. Cela a été rendu possible car le proprio a pu trouver rapidement un autre locataire pouvant se permettre de louer un aussi grand local. Sur ce coup on a eu de la chance car un bail vous oblige légalement à le respecter et c’est 3-6-9 ans en général.

S’ensuit deux semaines d’intense déménagement, en se demandant comment tout cela allait rentrer dans notre garage…il faudrait un miracle!

Et le miracle fut !

etageres

Vous vous souvenez des étagères dont j’ai parlé plus tôt? et bien sachez que tout ne fut pas noir dans notre aventure, on a réussi à quasiment tout faire rentrer dans notre garage moyennant un sacré travail quand même, qui a bien perturbé le fonctionnement de notre activité, et une chambre transformée pour l’occasion en entrepôt ! Si on avait su plus tôt que les étagères pouvaient multiplier l’espace de stockage par 3 on aurait peut être pas bougé ! Je vous jure ce que je dis est vrai.

Leçon à retenir :

  • Les étagères métalliques c’est topissime pour ranger, mais achetez seulement les semi pro (chez Bricoman) car facilité de montage/démontage sans visserie, tout est encastré (pas les modèles à vis…)
  • si jamais vous aviez à louer un entrepôt, demandez un bail précaire et la possibilité de sous louer dès la signature du bail, sinon le proprio peut vous faire jouer une majoration de 10% à postériori
  • face à une dépense, si elle vous semble minime mensuellement, multipliez la par 12 et vous verrez si c’est le cas
  • ne pensez pas uniquement au loyer comme charge bien que ce soit le plus gros poste, il y a la connexion internet,le comptable, etc.
  • le cool est l’ennemi du bien, passer en SARL, prendre un local, ça fait toujours de l’effet si on le raconte, mais non, rien de bien concret pour vous, ne le faites pas quand ce n’est pas absolument nécessaire
  • ne déménagez que quand vous êtes à la limite du supportable, je comprends mieux maintenant pourquoi mes bosses successifs, lorsque j’étais encore salarié, étaient réticents à sortir le chéquier, c’est tout simplement un bon réflexe de gestionnaire, qui nous aurait bien sauvé…
  • pour votre loyer ne choisissez pas le prélèvement automatique le chèque est plus sûr pour vous
  • auto entrepreneur c’est bien car régime simplifié, mais j’avoue que passer en SARL nous a appris beaucoup de choses

Aujourd’hui qu’en est-il?

On a retrouvé notre chaleureuse maison, on est toujours en SARL,  récupéré la caution, résilié tous ces services qui nous coûtaient quasiment deux SMICs par mois, maintenant cet argent c’est dans notre poche ! Ou tout du moins, on peut le dépenser pour l’acquisition de nouveaux produits, bref on a maintenant les coudées plus franches, et l’esprit plus serein, bien que la crise soit encore présente. On bosse quand on a envie (non ce n’est pas vrai mais on est beaucoup plus relax) et surtout on bosse au chaud l’hiver !

Souvenez vous ne louez quand quand vraiment cela est nécessaire, car ça coute un bras mine de rien. Dans notre cas on est vacciné, et ne songeons plus à louer, quitte à trouver une maison plus grande ou avec un plus grand garage. Vous perdriez le confort que vous cherchiez quand vous étiez salarié !

 

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