Les débuts de l’e-commerce open-source
Il y a un peu plus de trois ans, comme solution de e-commerce open source, OsCommerce dominait le web, car il existait depuis l’an 2000. Son problème, c’était le package initial qui ne comprenait pas grand chose, et les multiples plugins étaient tenus par des contributeurs amateurs, mais il n’était pas rare de trouver de multiples mises à jour pour de multiples bugs. Bref il n’y avait pas de centre de contrôle pour veiller à la qualité des contributions, si bien que chaque boutique OsCommerce digne du nom était customisée par les agences ou en interne. Pour les autres boutiques soit il fallait passer par la case customisation soit rester avec une boutique minimaliste. Bref OsCommerce vieillissait, et son développement technique était stagnant.
Puis j’ai connu VirtueMart, j’ai eu l’occasion de l’essayer sous Joomla, sans être convaincu, l’idée que ce fut un plugin ne me bottait pas loin de là.
C’est alors que je fit la connaissance de Magento vers mi 2008, ce fut un réel changement par rapport à OsCommerce et Virtuemart, et je me sentais moins seul car il y avait une vraie communauté mais surtout un éditeur qui portait à bout de bras la solution open source. Le logiciel avait de quoi séduire, framework Zend (une référence professionnelle), un développement professionnel, etc, et j’ai fait quelques tests avec une boutique factice. Mais quelques chose me disait que la bête était trop complexe pour quelqu’un qui voulait juste mettre en vente quelques centaines de références. Néanmoins je participai au premier Bargento à Paris et j’ai pu parler à Roy Rubin, et lui demandai s’il comptait sortir une version « lite », connaissant la pertinence de ma question, Roy me dit que ce n’était pas dans leur feuille de route pour l’instant. Mais aujourd’hui c’est normalement dans les cartons. Mais à ce jour je n’ai pas d’autres nouvelles, qu’importe. En même temps, j’ai fait par hasard la connaissance (en cherchant activement quand même sur Google) d’un logiciel qui répondrait peut être à un besoin de e-marchand de petite taille, voulant posséder sur son hébergement, plus sophistiqué que les solutions hébergées (comme 42 Store), qui était facile à utiliser et vous appartenait en totalité, pour qui veut bien mettre les mains dans le cambouis, sans être laissé sur le carreau comme sur OsCommerce, que demande le peuple?
Il se trouve que la solution qui s’appelle Prestashop répondait parfaitement à ce besoin mais aussi bien plus, puisque comme nous allons le voir Prestashop popssède quelques qualités intrinsèques (mais aussi quelques défauts) qui en fait un logiciel puissant.
Comble du comble Prestashop est français !
Principale solution e-commerce open source française, Prestashop est née d’un projet de fin d’études de l’école d’informatique Epitech en 2005. Une société est fondée en mai 2007 avec notamment Igor Schlumberger l’ancien PDG de LeGuide.com. Le lancement officiel a lieu en août 2007.
Bruno Lévêque en est le pilote opérationnel. J’ai l’impression que l’équipe est bien rationalisée, actuellement elle s’agrandit pour répondre à son besoin de développement en France et à l’international : recrutement de bénévoles pour modérer le forum de Prestashop, ils recherchent aussi des programmeurs.
Pourquoi Prestashop me séduit
Prestashop s’installe sur un mutualisé, mais ce n’est pas le principal atout, et d’ailleurs pour un utilisateurs plus averti, un dédié comme un Kimsufi de base est encore mieux. Voici ce qui m’a conduit à à choisir ce logiciel et à le proposer à des futurs e-commerçants désireux de maitriser un peu plus leur destin sur la toile:
- n’est pas gourmand en ressources relativement à Magento
- simple à installer pour peu qu’on sache entrer les données de connexion de la base de donnée bref comme WordPress
- bonne interface de gestion pour un débutant quoiqu’il faille lutter un peu au début
- intégration de module de paiement (comme Paypal) facile, cet aspect est pour moi le plus important
- facilité de customiser avec le système de modules (d’ailleurs Prestashop en fait un moyen de gagner de l’argent)
- vous retrouvez beaucoup de fonctionnalités de boutique e-commerce en natif : coupon, point de fidélité, cross-selling, commentaires des produits par les clients.
Mais ce n’est pas tout, à l’usage j’ai trouvé que le process d’achat est un des plus court donc très efficace (moins de 5 étapes pour un premier achat et 3 étapes pour les futurs achat en mode connecté), il sera encore amélioré avec la possibilité de payer sans créer de compte.
En une journée ou deux vous pouvez vous familiariser avec les fonctions essentielles de Prestashop et vous aurez une boutique opérationnelle, mais pas optimisée, car le thème de base est gris, en fait c’est un point de départ pour créer un thème beaucoup plus en accord avec ce que vous vendez.
Depuis 2008 Prestashop a fait son chemin, en passant de la version 1 à 1.3 et 1.4 pour bientôt, beaucoup de bugs et fonctionnalités plus tard, le logiciel est prêt pour devenir une plateforme mature.
La progression de Prestashop dans quelques pays
Quoi de plus parlant que de voir les statistiques de recherche sur Prestashop avec Google Trend?
Voyons comment se comportent ces différentes solution e-commerce en Europe (j’ai aussi inclus la Turquie)
Il y a des pays ou Prestashop n’est même pas présent (selon Google) et je n’ai pas porté de graphique.
Il n’est pas étonnant que Prestashop ait une section espagnole naissante car certains pays d’Amérique du Sud et l’Espagne sont plutôt favorables à Prestashop.
Maintenant la Grande Question
Le succès de Prestashop actuel est certains, mais vous l’avez bien vu dans le graphique ci-dessus, Magento le devance quasiment partout. Les raisons sont traditionnelles : monde anglophone dominant, solution américaine et donc partant du bon pied en terme de notoriété et de moyens. Cependant ce sont deux start-up qui ont toutes les chances de devenir mainstream.
Mais revenons au sous-titre « et la grande Question? » Pour moi elle est : « Prestashop va-t-elle s’imposer? ou se retrancher sur un bastion francophone? » dans x années?
Mais avant d’aller plus loin, laissez moi vous raconter la petite histoire de Dotclear et de WordPress. Je parie que certains d’entre vous ne connaissent même pas Dotclear. En 2007 ou 2006, lorsque j’ai commencé à m’intéresser au blogging, j’ai du faire un choix entre les deux logiciels. Dotclear ou WordPress? Pour vous faire court, j’ai hésité car les deux sont bons techniquement voire même en faveur de Dotclear. Maintenant voyons en 2010 où nous en sommes:
2005:
2010:
Dotclear aujourd’hui en France est bien en deçà de WordPress. Que s’est-il passé? Dotclear est techniquement bon, pourquoi nous stupides geeks n’avons aujourd’hui quasiment que WordPress??
Personnellement j’ai switché sur WordPress quand j’en avait eu marre de chercher un plugin dispo sur WordPress et pas sur Dotclear.
Et le problème est là : Dotclear n’a pas su profiter de son impulsion de départ et capitaliser sur sa notoriété. Il est français tout comme Prestashop, mais n’a pas réussi à s’imposer hors des frontières françaises, mais pourquoi je leur faits ce grief puisque de toute façon ce n’était pas à l’ordre du jour chez eux? Dommage.
Que doit faire Prestashop pour ne pas subir le même destin que Dotclear?
Sachez tout d’abord que Prestashop est là pour gagner de l’argent, donc au contraire de Dotclear qui est mû par une communautés de techniciens passionnés, ici le but est de gagner de l’argent. Je pense qu’ils vont tout faire pour gagner des parts de marché à l’étranger. Comment cela va-t-il se faire?
-animer une communauté mondiale : très important car c’est la communauté (webmaster, web agency, particuliers) qui va faire connaitre la solution. Et faire un effort plus poussé vers l’anglais, c’est un reproche que j’ai pu voir sur la Toile.
-parcourir le monde pour promouvoir la solution, j’espère qu’ils ont de grandes ambitions, car Roy Rubin le fondateur de Magento parcours sans arrêt le monde (via les Bargento en France par exemple) pour faire connaître (on dit « évangéliser » pour faire in) son logiciel. Je n’ai pas connaissance de Prestashop faisant la même chose.
-continuer à améliorer le logiciel en ajoutant des fonctions tout en étant à l’écoute de la communauté et des besoins donc, et ne pas connaitre la même sort qu’OsCommerce. Ils mettent le turbo pour sortir la 1.4 qui est plutôt killer.
-être focus sur la rentabilité mais là je n’ai rien à leur apprendre. Ne vous offusquez pas si par moment Prestashop met en avant la place de marché des add ons, ils ont de besoins de rentrée d’argent pour vivre, quant aux freetards, si vous confondez dépense et investissement, vous n’êtes pas faits pour le e-commerce.
-éviter les écueils techniques qui empêchent la propagation de la solution, WordPress semblait être rustique et Dotclear mettait en avant son côté cutting edge technologique, WordPress était fait pour pouvoir s’installer chez quasiment tous les hébergeurs, Dotclear demandait quelques acrobaties par moment. Des fois il faut laisser le côté technique et mettre le focus sur l’utilisateur final. Donc j’espère que Prestashop va gagner encore en simplicité, et proposer par défaut plein de choses optionnelles par le passé, il marque un point par rapport à Magento (comme dit plut haut, ces deux solutions ne sont pas vraiment comparables, car Magento est orienté vers les grosses boutiques (forte marge et faible pénétration théoriquement) et Prestashop le peuple (faible marge et forte pénétration théoriquement)). Les e-commerçants ne sont pas des geeks, et ils ne doivent pas passer trop de temps en gestion, bref si Prestashop est aussi facile à utiliser que WordPress Bingo ! (et après trouver les finances pour s’étendre à l’international).
Ma wishlist actuelle pour Prestashop
- Proposer le multiboutique (actuellement l’avantage de Magento)
- Proposer de meilleures réécritures d’urls
- Proposer un meilleur générateur de sitemap
- Meilleure gestion de livraison (actuellement c’est un peu la lutte)
- Meilleure gestion des coupons (le potentiel d’amélioration est quasi infini : coupon x si client rempli tel critère par exemple)
- import CSV (je me suis cassé les dents sur ce truc)
Je ne connais pas à fond le logiciel, mais je pense que de manière générale, si le logiciel nous mâche le travail c’est bon signe.
Et vous pensez vous que Prestashop a des chances de se faire une place au soleil?
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